Lettres aux syndicats

JANVIER 2026

 

Edito du Secrétaire général

Le 3 janvier 2026, l’annonce relayée par l’ensemble des médias de la capture du président vénézuélien, sur injonction du président américain Donald Trump, a sidéré une grande partie de la population mondiale. Cette opération, qui a déjà fait plus de 100 morts, pose une question fondamentale : quels que soient les jugements portés sur Nicolás Maduro, il appartient au seul peuple vénézuélien de décider de son avenir et de ses choix politiques.

Très vite, il est apparu que ce coup de force n’avait rien d’idéologique. C’est bien le pétrole vénézuélien qui attise l’appétit de l’impérialisme américain. Dans sa guerre économique contre la Chine, l’administration Trump cherche à s’approprier les richesses de ses voisins, quitte à menacer le Groenland, la Colombie, Cuba, à défier les Européens et à brandir l’arme des droits de douane contre tous ceux qui osent le contredire.

Nous pourrions croire que ces événements sont lointains et sans conséquences pour notre pays. Il n’en est rien. Sous couvert de « protection nationale », les gouvernements – et bien sûr le gouvernement français – ont engagé une augmentation exponentielle des budgets militaires. La menace russe est invoquée pour justifier une escalade guerrière généralisée.

En France, la loi de finances de l’État a été adoptée à coups de 49.3. Elle prévoit 6,7 milliards d’euros supplémentaires pour la défense, portant ce budget à 57,1 milliards d’euros. Dans le même temps, le gouvernement multiplie les annonces pour enrôler la jeunesse : développement des classes défense, interventions de généraux dans les universités, création au sein de France Travail d’un département « défense » chargé de recruter pour l’armée et l’industrie de l’armement. Des entreprises industrielles sont transformées en unités de production de matériel militaire.

Pendant ce temps, nous sommes témoins des ravages de la guerre sur les populations ukrainienne et russe, qui luttent avant tout pour préserver leurs droits et leur dignité. Oui, la population a le droit de s’inquiéter.

Et oui, nous, syndicalistes, avons la responsabilité de tout mettre en oeuvre pour construire la paix. C’est dans cet esprit que l’union nationale, qui a soutenu le meeting contre la guerre en octobre dernier, soutiendra également le meeting de Londres du 20 juin 2026, à l’initiative des syndicats britanniques.

Car les milliards engloutis dans l’armement sont autant de moyens qui manquent cruellement à l’éducation, à l’hôpital public, aux EHPAD. Chaque épidémie met à genoux les services d’urgence. Il n’est malheureusement plus rare d’apprendre le décès de patients dans les couloirs, faute de lits ou de prise en charge rapide. Face à une situation devenue intenable, les agents se mobilisent, multiplient les grèves, souvent avec le soutien de la population, contraignant les directions à céder.

La loi de financement de la Sécurité sociale, adoptée dans des conditions que nous connaissons trop bien, est très loin de répondre aux besoins. Un ONDAM fixé à 3,1 % permet à peine de maintenir les moyens existants. Cette loi a également permis l’adoption parlementaire de la réforme des retraites, pourtant largement combattue hier par ceux qui la soutiennent aujourd’hui. La suspension annoncée n’est que provisoire et concerne uniquement les générations 1964 à 1968, avec un trimestre gagné sous conditions. Son financement repose sur une revalorisation amoindrie des pensions et une hausse des cotisations des mutuelles. En clair, salariés et retraités paieront une nouvelle fois la note.

La loi de finances de l’État prévoit par ailleurs 20 milliards d’euros de coupes budgétaires supplémentaires. L’augmentation de la prime d’activité, présentée comme une avancée, constitue en réalité une véritable trappe à bas salaires, profitant largement aux employeurs. Elle fragilise encore les ressources de la Sécurité sociale, d’autant que le gouvernement prévoit une allocation unique regroupant prime d’activité, APL et autres prestations, calculée sur les revenus du ménage.

Pendant ce temps, pour le patronat, rien ne change. En 2025, 110 milliards d’euros ont été versés aux actionnaires. Selon Oxfam, 53 milliardaires français ont vu leur patrimoine exploser depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron, concentrant à eux seuls autant de richesses que 32 millions de personnes. La France compte désormais 11 millions de pauvres.

Face à cette situation, le gouvernement propose une conférence « Travail, Emploi, Retraites ». Pour quoi faire ? S’il s’agit de préparer le programme du prochain gouvernement, nous n’avons rien à y faire. Ce dont nous avons besoin, ce sont de véritables négociations, en particulier sur les salaires. L’absence annoncée de toute revalorisation du point d’indice dans la fonction publique augure déjà des choix du secteur privé. Le MEDEF, qui refuse d’y participer, ne s’y est pas trompé. Qui peut croire à des négociations sérieuses sans le patronat ? Nous ne pouvons cautionner cette parodie de dialogue social.

Les reculs obtenus par la lutte le prouvent pourtant : les médecins ont eu raison de se mettre en grève pendant dix jours, contraignant la ministre Rist à reculer. Comme l’explique notre camarade Cyrille Venet, secrétaire du SNMH, la ministre a dû abandonner les mises sous objectifs concernant les arrêts de travail et reculer, au moins en paroles, sur les tarifs de remboursement. La grève est difficile, mais elle reste un outil indispensable pour obtenir satisfaction.

Les agriculteurs l’ont également démontré en contraignant le gouvernement à reculer sur l’accord du Mercosur. Ils ne demandent rien d’autre que de vivre dignement de leur travail. C’est exactement ce que nous revendiquons, nous aussi, dans l’ensemble de nos secteurs.

Face à la guerre sociale et à l’austérité, la résistance collective reste notre seule voie.

Le Secrétaire Général:

Franck HOULGATTE

Sommaire : 

- Editorial .............................................................. 1

- Déclaration de la Comimssion Executive ....... 3

- Communiqués de presse et tracts .................. 5

- Compte-rendu CPPNI CCN 51

du 13/01/2026 ...................................................... 8

- Compte-rendu CPPNI BASSMS

du 15/01/2026 .................................................... 12

- Flash inFO EFS .............................................. 17

- Compte-rendu CPPNI HP

du 21/01/2026 ................................................... 22

- Compte-rendu CPPNI Cabinets dentaires

du 08/01/2026 ................................................... 25

- Compte-rendu CPPNI Cabinets médicaux

du 22/01/2026 ................................................... 27

- Compte-rendu CPPNI Prothésites dentaires

du 23/01/2026 .................................................. 28

- Compte-rendu CPPNI Cabinets vétérinaires

du 06/01/2026 .................................................. 31

-La vie des syndicats ..................................... 34

- Résultats électoraux ................................... 35

 

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